Faits et textes

En France, 11 400 enfants ont été déportés, 2 000 n’avaient pas six ans. 50 000 d’entre eux ont été sauvés par les parents eux-mêmes et grâce à la solidarité de la population française. Parmi eux, 10 000 ont été secourus par l’intermédiaire de circuits clandestins des œuvres juives.

Les organisations ne sont pas structurées de la même manière en zone nord et en zone sud, car le poids de l’occupant diffère en fonction des zones et des périodes, et oblige à varier les stratégies.

La zone nord, occupée dès l’armistice, la zone sud dite libre jusqu’en novembre 1942 et la zone italienne, zone refuge jusqu’en septembre 1943 ont fonctionné comme des vases communicants.

C’est dans la zone occupée que se trouve la majorité des enfants, car la région parisienne est le lieu de résidence principal des populations juives immigrées. La majorité des familles disperse les enfants par leurs propres moyens en essayant de trouver des nourrices à la campagne. Elles sont aidées par le Comité de la rue Amelot (regroupement des Juifs immigrés non communistes), par l’Œuvre de secours aux enfants (OSE) et les Éclaireurs israélites de France (EIF) et par le placement clandestin qu’opère l’Union générale des Israélites des France (UGIF).

Les organisations comme l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE), émanation des Juifs communistes ou le Cercle amical lié au Bund, le parti socialiste juif, ont leur propre réseau de sauvetage. Dans la zone sud, trois d’entre elles ont conjugué leurs efforts dans le sauvetage des enfants : l’OSE, les EIF et le Mouvement de la jeunesse sioniste (MJS).

À la demande des Allemands, dès novembre 1941, toutes les œuvres d’assistance sont intégrées obligatoirement dans un organisme commun, l’UGIF. À Paris, il arrive à sortir provisoirement des camps d’internement de la zone occupée des enfants considérés alors comme « bloqués ». Ces derniers sont regroupés dans des maisons d’enfants de la région parisienne comme celles de Neuilly ou Montreuil ou dans les centres des rues Lamarck et Guy Patin. L’UGIF refuse de les disperser, car de ces centres sortent régulièrement des enfants qui sont placés en sécurité clandestinement. En juillet 1944, 250 enfants sont arrêtés dans ces centres et déportés ; 200 d’entre eux périrent.

Dans le même temps, l’UGIF sert de paravent aux activités clandestines de chacune de ces organisations qui à l’automne 1942 décident de disperser les enfants des maisons de zone sud. Le réseau « Garel » de l’OSE, la « Sixième » des EIF et le réseau « Éducation physique » du MJS restent cloisonnés pour placer les enfants, avec l’aide de la population non juive, dont beaucoup reçurent le titre de « Juste parmi les nations ». Ils œuvrent en commun pour faire passer certains enfants en Suisse ou en Espagne. D’autres organisations sont actives dans toute la chaîne du sauvetage. La Cimade et les quakers protestants aident à sortir les enfants de Juifs étrangers internés au camp de Rivesaltes et Gurs. Nombre d’entre eux trouvent refuge dans tous les villages du plateau Vivarais-Lignon, en particulier au Chambon ou dans la région de Dieulefit. Des réseaux spécifiques de sauvetage d’enfants comme le réseau Marcel des époux Abadie, lié à l’OSE, trouve une aide efficace auprès de l’Église catholique en la personne de Mgr Rémond. Plusieurs évêques protestent contre les persécutions, donnent l’ordre d’ouvrir les couvents aux enfants juifs (Mgr Saliège à Toulouse, Mgr Théas à Montauban).

 L’opinion publique française réagit aux déportations de l’été 1942, choquée par les récits des rafles. Les résistants de la France libre, de Londres, encouragent les Français à cacher des Juifs.

Ce sont en tout premier des Juifs d’origine étrangère qui sont déportés ; ils s’étaient réfugiés en France dans les années 1930, pour fuir l’antisémitisme virulent en Europe de l’Est. Drancy devient alors, pour 65 000 des 76 000 Juifs déportés de France, la dernière étape avant la déportation dans les camps nazis, depuis les gares du Bourget puis de Bobigny.

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